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7ème édition "Festival Méditerranéen de la Guitare" : Scène Jeunes Talents (22 mars 2010)

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   Et c’est parti pour une deuxième journée du festival avec un retard d’une heure, il faut dire qu’on en a eu l’habitude, et surtout quelques imprévus du coté de la fiche d’appel vu que Lahab ne répondent pas présents. Alors on se demande si on aurait à blâmer la météo ou le niveau de professionnalisme ?

 

   Les premiers à monter sur scène sont "Marwa et Cie", un jeune groupe dont la moyenne d’âge des membres se situerait aux environs de 16 ans. Les spectateurs présents ne dépassent pas la vingtaine, c’est à la fois décevant et encourageant car le groupe n’aurait pas à subir la pression d’un public nombreux.
Ce qui est marquant chez cette formation c’est l’absence du bassiste qui aurait donné un peu de charme à la musique.
Pour ce qui est de la chanteuse elle devrait consacrer plus de temps pour apprendre ses paroles par cœur. Cela lui épargnera d’être inutilement scotchée à sa chaise ce qui épicerait d’un peu d’énergie et de feeling la présence scénique car là on avait l’impression d’être face à une élève assise dans sa classe et non à une chanteuse sur scène. C’est pourquoi il est indéniable que le groupe gagnerait plus à avoir une chanteuse qui se tient sur les deux jambes ! Du point de vue de la performance, on note que sa voix se perd parfois dans une sorte de gémissement désagréable surtout à l’aigu. Coté guitare les transitions entre les riffs s’opèrent mal à maintes reprises. Distorsions et saturations mal placées ne manquent pas, chose qui défigure l’harmonie du jeu.
Quant à la batterie, elle étouffe dans beaucoup de passages les deux guitares qui, quant à elles, se trouvent à maintes fois décalées. Le défi qu’impose un répertoire "Soft" tels que Hotel California, One Last GoodBye, Knoking Havens Door c’est que le groupe doit compenser la douceur de la musique par de la présence sinon l’effet dégagé se réduirait à celui d’un cachet de somnifère. Ce n’est pas avec deux guitaristes qui manquent de présence, et qui ont souvent besoin de se regarder pour se synchroniser que cela pourrait s’acquérir. On les sent très figés, le lead guitariste essaie tant bien que mal d’y mettre un peu d’émotion, alors que l’on se demanderait volontiers si l’autre ne se confondrait pas avec l’un des piliers de la salle. On remarque quelques défaillances, comme au cinquième morceau avec quelques problèmes de synchronisation au début, et sixième morceau avec la conclusion un peu bâclée. Bref, il y a encore beaucoup de travail à faire. La confiance, la posture mais aussi la technique sont à travailler. On espère que les prochaines apparitions seront meilleures.

Les rideaux tombent le temps qu’Aphonia s’installent à leur tour sur scène, un groupe qui a fait ses preuves lors du Festival Accor de Guitare. Ils débutent leur show avec un titre bien applaudi, il faut dire que le public s’attendait à une bonne bouffée de chaleur après le passage un peu lassant de Marwa. Cette fois, l’énergie est au rendez vous. Le groupe nous sert un Death Metal à tendance Progressive dans lequel on sent une vraie recherche au niveau des mélodies. Il rallie à la fois complexité des riffs et fluidité du jeu. Ce qui est le plus frappant dans cette prestation c’est le batteur quasiment infatigable : on a là un véritable gladiateur qui non seulement domine son instrument mais part en croisade avec ! Le seul reproche qu’on peut lui faire c’est qu’il se la joue parfois plus "Technical" qu’il ne le faut si bien que la batterie se fait sentir renvoyée à un niveau décalé par rapport aux autres instruments.
Coté chanteur on note quelques surdosages au niveau des pics aigus de la voix, un peu de soin pour la gravité serait donc le bienvenu. Pour ce qui est du guitariste on n’a rien à lui reprocher : un jeu perfectionné, et très bien maitrisé qui miroite un bon niveau. Ce n’est pas pour rien qu’il nous a épatés avec son jeu alléchant. Quant au bassiste, il a su tenir comme il faut la session rythmique avec une batterie qui ne cesse de changer de tempo et de rythmes, un bon bassiste qui a lui aussi fait ses preuves par quelques interludes…
Aphonia est surement un projet d’un grand groupe, il faut juste ajouter un guitariste pour donner un peu plus de valeur à leur jeu. Des titres tels que Law, Redemption Bride, Oath et Tolerance sont à retenir à vie car se groupe fera certainement parler de lui un peu partout.

Alors là, c’est un groupe qui monte en épingle une rare capacité d’évolution et de progression qui se fait agréablement sentir par rapport aux précédentes prestations, on parle biensure d'Infinity ! Une courte intro instrumentale en guise d’hors d’œuvre, et nous voilà plongés jusqu’au cou dans le plat principal fait de deux compos.

Le rythme se fait parfois garnir par un effet d’avalanche qui est loin de laisser le public indifférent. Enfin ce dernier trouve assez de matière pour headbanger ! Les mélodies sont bien travaillées, prenant parfois une dimension exotique qui enflamme davantage le public surtout au dernier passage du deuxième titre "Infinity" ou l’emballement du public atteint son acmé. Les riffs sont par excellence accrocheurs, on y sent  une bonne dose d’originalité et de créativité surtout au dernier titre. Seule reproche à ce groupe, leur montée un peu tardive et un set trop court.

Et voila que Flagellation viennent clôturer le bal avec une petite modification du line up : nouveau synthé, déjà connu pour les Metaleux, Mehdi ex-The Throne, un des points forts du groupe. Le premier titre s’ouvre sur une intro assez atmosphérique en backtracking qui nous plonge directement dans l’ambiance. On est là face à un jeu cohérent et harmonieux ou le groupe use talentueusement d’un potentiel hautement prometteur. Il va jusqu’à s’attaquer aux grands et nous livre deux reprises assez bien exécutées des immortels Satyricon (Mother North) et Dimmu Borgir. Force est de remarquer que la technique ne se fait pas avoir par la rapidité du rythme. Les arrangements sont bien alignés et le tout se greffe sur un jeu de clavier habile et performant. Le chanteur a une confiance remarquable et son scream est majoritairement correct. Le groupe jouit d’un dynamisme presque sans faille, les guitares sont quelques fois marginalisées par la sono mais c’est sans entacher la prestation globale qui nous présente un Black Metal qui est loin de laisser indifférents ses auditeurs. En conclusion, ces retrouvailles ont été l’occasion de découvrir une formation au potentiel superbe, je dirais même envahissant, imprégné par les références indémodables du Black Metal, ce qui lui offre je crois suffisamment de qualification pour partir forger sa propre personnalité avec des compositions qui sont les siennes. Cela ajouterait une bonne diversité à la scène locale qui manque, en matière de Black Metal, d’artistes capables d’attirer de l’engouement et du respect. 

Malheureusement, on ne peut passer sans remarquer que la scène jeunes talents a perdu son éclat ces deux dernières années coté public, mais coté groupe la présence d’Infinity, Aphonia et Flagellation nous a fait oublier la prestation de Marwa. Pour ce qui est de l’absence de Lahab, on souhaite dans l’avenir un peu de professionnalisme de la part nos groupes locaux, en annonçant au préalable l’annulation de leur show, ainsi ils respectent leur public et le festival.


Live Report par Hypnos

 

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